Pas si simple – Chapitre 2

19 septembre 2018 0 Par Naoko Evasion

Chapitre 2 : L’entraînement collectif

 

Le temps étant radieux, Shôyo et Kageyama avaient décidés de manger dehors. Ce n’était pas la première fois qu’ils mangeaient ensemble, mais c’était la première fois qu’ils allaient sur le toit pour le faire. Le roux était en train de s’y diriger lorsqu’il aperçut, au détour d’un couloir, son coéquipier en compagnie d’une fille. Voyant qu’il se passait quelque chose qu’il valait mieux ne pas déranger, il se cacha dans un coin et espionna la scène. Les deux adolescents gardaient silence un moment, restant debout l’un en face de l’autre, avant que Kageyama la presse :

– Alors ? Tu voulais me dire quoi ?

Elle sursauta, bégaya, rougit, sembla réfléchir, puis lança :

– Je t’aime ! Depuis que je t’ai aperçu la première fois.

Le coeur de Shôyo se serra de jalousie. Combien de chances y avait-il pour qu’il repousse une fille aussi jolie ? Sa jalousie empira quand il pensa au fait que, étant un garçon, il avait moins de chances qu’elle de conquérir un jour Kageyama. Enervé, il envoya des ondes négatives à’ l’aide de son esprit pour que Kageyama refuse ses avances. Heureusement, après un silence désespérément long, le passeur l’informa :

– Désolé, je ne peux pas accepter tes sentiments.

Elle le fixa, puis se mit à pleurer en s’éloignant. Shôyo se sentit soulagé. En même temps il était désolé pour elle. Il avait conscience qu’il était fort probable que Kageyama ait un jour une petite-amie, mais il n’était vraiment pas pressé de voir ce jour arriver. Discrètement, il prit un détour lui permettant de rejoindre le lieu de rendez-vous.

 

Il arriva sur le toit avant le passeur qui entra peu après, bentô en main, en le saluant comme si rien ne s’était passé. Il s’assit à côté de Shôyo, puis commença à manger sans un mot. Le voyant en pleine réflexion, le roux n’osa pas évoquer le sujet. A la place, il se changea les idées en écrivant un email à Kôzume Kenma, le passeur du club de Volley de Nekoma, où il était écrit :

“Demain on va vous écraser ! Donc prépare-toi !”

Après que ce message fut envoyé il commençait à attaquer son repas quand, remarquant que Kageyama était en train de le regarder fixement, Shôyo lui demanda, surpris :

– Qu’est-ce qu’il y a ?

Il resta silencieux un long moment, laissant l’attaquant ailier se poser encore plus de questions sur ce qui arrivait à son coéquipier. Finalement, il finit par demander d’un ton qui se voulait clairement banal :

– A qui tu écrivais ?

Shôyo cligna des yeux. Décidément, il le trouvait étrange ces derniers temps. Alors qu’il disait le nom de “Kenma”, la réponse de ce dernier sonna. Il ouvrit l’email.

“C’est plutôt nous qui allons vous battre. On est fort.”

Riant, il envoya rapidement sa réponse.

“En effet, j’ai déjà fais face à ton équipe avec Kageyama.”

En relevant la tête, il sursauta face au visage énervé du passeur.

– Mais qu’est-ce que tu as ?

– Vous avez l’air de bien vous amuser.

Un moment il lui vint en tête que son coéquipier soit jaloux. Ce serait une belle revanche sur cette jolie fille ! Il sourit face à cet espoir, bien qu’il n’y croyait pas totalement. Il lui assura :

– Beh oui, on parle de l’entraînement collectif de demain ! Je lui disais que toi, moi et toute l’équipe on allait les vaincre à plate couture.

Le visage de Kageyama se détendit devant cette information. Il semblait étrangement soulagé, ce qui ajouta à l’espoir de Shôyo. Le passeur confirma :

– C’est vrai, on le fera… -Il fronça soudain les sourcils- Tu es au point sur les réceptions ?

– Ah ! Non pas encore… Mais je me suis beaucoup amélioré !

– On se refera des passes ce soir, et je t’enverrais les balles plus fort que d’habitude.

– Pas de soucis !

Le roux étira un très grand sourire. Il aimait ce côté de Kageyama, qui s’inquiétait sur ses compétences. C’est ce moment que choisit son téléphone pour lui indiquer une réponse de Kenma.

“Tu penses quoi de l’homosexualité ?”

Surpris, il réfléchit à la question. Devait-il être honnête ? D’ailleurs, devait-il parler à Kenma de son amour pour Kageyama ? Il sentit une chaleur se diffuser sur son visage tandis qu’il y pensait. Il ne put retenir un coup d’oeil vers son coéquipier avant d’envoyer :

“Je trouve que ce n’est pas blâmable… Pourquoi ?”

– Eh ! fit le passeur d’un ton dur. Qu’est-ce qu’il a dis ?

Shôyo sursauta. Il sentit son coeur bondir partout dans sa poitrine à cause de la panique. Il avait vraiment l’air énervé ! Pourquoi ? Il ne comprenait vraiment pas le passeur parfois. Il allait répliquer de “ne pas s’énerver pour n’importe quoi” quand la réponse de Kenma vint.

“Parce que ça fait des mois que Kuroo et moi on est un couple. Depuis le temps qu’on le cache j’avais besoin d’en parler à quelqu’un.”

– Oooh ! réagit le roux avec enthousiasme. Kageyama ! Kenma il est en couple avec son capitaine !

– Oh ? Vraiment ? s’étonna son interlocuteur.

– Ouais ! Je m’attendais tellement pas à ce qu’il y ait quelque chose entre eux et…

– S’il t’en a parlé il voulait peut-être pas que tu le répètes.

Shôyo se figea, réalisant qu’il avait raison. C’était probable que Kenma voulait qu’il garde le secret pour lui. Ses pensées firent un tour : il pouvait expliquer en disant la vérité mais il ne se sentait pas encore prêt à se confesser, il pouvait nier mais c’était clairement une mauvaise idée,… Il se rappela finalement d’il y a quelques jours, lorsque Asahi et Nishinoya avaient révélé leur relation, quand il en avait profité pour s’assurer que Kageyama ne le trouverait pas dégoûtant s’il se confessait. Décidant de s’en servir, il justifia, embarrassé :

– Mais tu m’as dis que tu n’avais rien contre l’homosexualité. Donc j’ai pensé que ce n’était pas un problème de t’en parler.

Il guetta discrètement la réaction du passeur, qui se gratta la tête. Il restèrent silencieux un long moment, où Shôyo stressa. Finalement, le passeur sourit et affirma :

– Je suis content pour eux.

Le roux était soulagé mais il eut la drôle d’impression que Kageyama avait étiré, un court instant, un sourire carnassier.

 

Ils arrivèrent le lendemain, à 12h, à l’endroit où se déroulait le second entraînement collectif. Dès leur descente du bus ils furent accueillis par l’équipe de Nekoma avec, en tête, le capitaine Tetsuro Kuroo. Ce dernier leur fit un grand sourire chaleureux en serrant la main de Sawamura, qui souriait également. Shôyo sentait malgré tout l’animosité qu’ils avaient encore l’un pour l’autre. Il jeta un oeil à Kageyama, qui était en train de parler avec Sugawara un peu plus loin. Il allait le rejoindre quand il vit Kenma approcher et, de toute évidence, vouloir lui parler. Le roux, décidant de s’occuper plus tard de son coéquipier, alla alors avec enthousiasme vers le passeur de Nekoma.

– Coucou Kenma ! Vous avez commencé à jouer ?

– Vous arrivez tard. Nous on ne joue pas pour le moment mais Aoba Josei et Fukurodani font un match amical depuis 1h.

– O—h ! Allons voir ça !

Il allait vers le gymnase quand Kenma le retint par le bras. Surpris, il le regarda se pencher vers son oreille et lui murmurer :

– Tu n’as dis à personne que j’étais en couple avec Kuroo ?

– Ah ! fit-il, embarassé. J’en ai… Accidentellement parlé à Kageyama…

– Je m’en doutais, soupira alors le passeur de Nekoma.

Avant que Shôyo ait pu s’excuser, Sawamura leur ordonna de tous aller au gymnase pour voir le match d’Aoba Josei et Fukurodani. Tout le monde se dépêcha d’obéir.

A l’intérieur, le roux se débrouilla pour s’installer à côté de Kageyama, Kenma aux talons. Les deux équipes en étaient à la fin du troisième set et Fukurodani était en tête d’un point. Au service le capitaine et passeur d’Aoba Josei, Tôru Oikawa, lança la balle, puis la frappa vers le camp adverse, qui n’arriva pas à la réceptionner. Shôyo frissonna à la fois d’effroi et d’excitation en se rappelant de ce service dans leur match contre eux, au tournoi Inter-lycée. Et dire que c’était l’ainé de Kageyama au collège ! Ce dernier sembla remarquer son état puisqu’il lança avec conviction :

– On les vaincra la prochaine fois.

– Oui ! J’ai super hâte !

Le match se termina quelques minutes plus tard sur deux nouveaux points en faveur d’Aoba Josei. Les deux équipes se saluèrent. Puis, impatient, Shôyo demanda à Kenma :

– Et nous ? Quand est-ce qu’on joue ?

– D’abord on va manger ! lui répondit Kuroo avec un grand sourire carnassier. Ensuite on vous donnera votre raclée.

– Ne soyez pas si sûr, affirma Sawamura. On s’est amélioré depuis la dernière fois.

De cette façon, tous les Volleyeurs et les managers sortirent et partagèrent un buffet qui  avait été préparé précédemment.

Shôyo mordit grandement dans une pièce de viande tandis qu’autour de lui le brouhaha fusait. Il avait été séparé de Kageyama dans la foule de joueurs qui s’était jetée sur la nourriture. A côté de lui, Kenma touchait à peine à ce que le roux avait mis dans son assiette. En face de lui se trouvait Kôtarô Bokuto, le capitaine de l’équipe de Fukurodani à l’air de hibou, qui rageait sur sa défaite en prenant une grande bouchée de viande.

– A la fin il a fais 3 fois son service ! C’est pas juste !

Derrière Bokuto, son vice-capitaine, Keiji Akaashi, le regardait avec dépit. Puisqu’il ne disait rien Shôyo s’en chargea en confirmant :

– Ouais ! Nous aussi il nous a vaincu avec ce service horrible ! C’était bas !

– Tu me comprends Hinata !

– Ouais ! Mais la prochaine fois on le vaincra !

Le capitaine hocha de la tête, visiblement de meilleure humeur. Le roux sourit, puis chercha Kageyama du regard. Il le trouva parlant avec leur sujet de conversation, qui semblait se moquer de lui. A ses grimaces, il devina qu’Oikawa devait le défier de faire aussi bien que lui. Brusquement, le passeur de Karasuno se mit à dire quelque chose qui fit rougir celui d’Aoba Josei. Shôyo fronça les sourcils, se demandant ce qu’il se passait. Le brun rougit également tout en bougeant les lèvres. N’aimant pas l’idée de ne pas savoir de quoi ils parlaient, et étant énervé de ce rapprochement, il décida de s’approcher en laissant là les trois joueurs avec qui il était.

Dès qu’il fut plus près, il entendit un “…l’amour”. Malheureusement, ils s’interrompirent en le voyant approcher. Contrarié que Kageyama lui fasse des cachoteries qu’il ne faisait pas à Oikawa, le roux décida de demander :

– Vous parliez de quoi ?

– De rien d’important, lui assura son coéquipier.

Il fronça les sourcils devant ce mensonge évident. Le capitaine d’Aoba Josei lui répondit, un sourire narquois aux lèvres :

– Hinata, tu voudrais pas rejoindre notre équipe ?

– Quoi ? s’étonna Shôyo.

Kageyama lança un regard noir à Oikawa. Ce dernier continua, toujours plus provoquant :

– Tobio-chan est trop nul comme passeur, avec lui tu iras jamais en nationale. Tu ferais mieux de te faire transférer dans notre lycée pour ça.

C’était tentant, mais l’attaquant ailier n’eut pas à réfléchir avant de répondre :

– Pas question ! J’ai toujours voulu être à Karasuno et maintenant que j’y suis j’y reste.

– C’est trop dommage ! Et bien vous allez perdre aux départementales.

Il tira la langue malicieusement.

 

La journée passa tranquillement. Après manger, Karasuno et Nekoma firent un match, que ces derniers perdirent après plusieurs heures de combat intense. Puis il y eu un second affrontement entre Nekoma et Fukurodani, qui se solda par une victoire de l’équipe du capitaine aux airs de hibou. Ensuite, Karasuno alla courir dans le coin avant de rentrer et d’aller dormir dans des dortoirs aménagés.

Il y avait une chambre par équipe. Shôyo venait de finir de poser son futon lorsqu’il remarqua que Kageyama n’était plus là. Autour de lui Asahi et Nishinoya rapprochaient les leurs, Sawamura parlait avec Tanaka de sa façon de jouer, et Chikara, Narita, et Kinnoshita jouaient aux cartes. Sugawara, Tsukishima et Yamaguchi n’étaient pas dans la pièce. Il posa ses affaires, puis partit à la recherche de Kageyama, se demandant s’il était encore avec Oikawa.

Il le chercha un long moment avant de le trouver dans un couloir, en train de discuter avec Sugawara. Shôyo put l’entendre dire :

– …vrais lui dire ?

Son interlocuteur hocha de la tête, repéra le nouvel arrivant, puis sourit en le saluant :

– Hinata ! Tu n’es pas dans la chambre.

Kageyama tourna son air surpris vers lui en entendant qu’il était là. Le roux soutint son regard un moment, puis répondit à Sugawara :

– Non. De quoi vous parliez ?

– De rien d’important.

– Hinata ! intervint Kageyama. Tu veux qu’on aille s’entraîner ?

Excité par cette demande, et songeant qu’il pourra trouver un meilleur moment pour savoir ce que son coéquipier lui cachait, il sautilla en clamant son accord. Visiblement content, le brun le suivit vers le gymnase. Sugawara les accompagna avec un grand sourire amusé. Le duo parlait sur le chemin de ce qu’il leur faudrait améliorer pour le match amical du lendemain quand ils arrivèrent devant le gymnase. Shôyo l’ouvrit avec enthousiasme, vit Bokuto et Akaashi en train de s’embrasser, se sentit embarrassé, puis referma brusquement la porte. Derrière lui, ses deux coéquipiers le regardèrent d’un air curieux. Supposant qu’ils n’avaient pas dû avoir le temps de voir la scène, il bégaya une explication qu’ils ne comprirent pas. Impatient, Kageyama rouvrit la porte. Ils se retrouvèrent ainsi tous trois devant la porte, figés, face à un capitaine et vice-capitaine de Fukurodani qui découvrirent rapidement qu’ils étaient découverts.

Reprenant vite ses esprits, Bokuto étira un grand sourire, s’approcha d’eux, puis prit Shôyo par le bras avant de le tirer à l’intérieur en clamant :

– Hinata ! Tu viens t’entrainer ? Faisons un match !

Plus sérieux, Akaashi les interrompit puis leur intima de son regard froid :

– Ne dites à personne ce que vous avez vu.

– Vous en faites pas, leur assura Kageyama. Ce n’est pas nous qui allons dire ça sur tous les toits.

Le vice-capitaine fronça les sourcils mais n’ajouta rien de plus. Bokuto tira Shôyo vers le terrain, insistant pour qu’ils s’entraînent ensemble. Ce dernier était un peu confus, se demandant s’ils devraient leur dire que Nishinoya et Asahi étaient ensemble ou s’il devrait se taire. La seconde option s’imposa rapidement comme étant la meilleure, comme ce n’était sans doute pas à lui de révéler ce détail de son équipe. Leur dire que lui-même aimait un garçon n’était sans doute pas une meilleure idée car ensuite il leur faudrait révéler qu’il s’agissait de Kageyama. Et il n’était pas encore prêt à se déclarer. Pendant ses réflexions, ils s’étaient tous réunis près du filet, et Sugawara avait sorti un ballon. Tandis qu’ils commençaient à jouer, Sawamura, Tsukishima et Yamaguchi arrivèrent. Après discussion, ces deux derniers rejoignirent l’équipe d’entraînement de Fukurodani, tandis que le capitaine compléta celle de Karasuno.

Le match commença avec un service de Sugawara, qui envoya la balle de Volley directement derrière le filet. Yamaguchi la rattrapa à temps, puis la passa à Akaashi, qui fit une passe à Bokuto. Ce dernier termina par une courte. Shôyo, le voyant à temps, se jeta à terre pour la réceptionner à la toute dernière minute. Elle rebondit sur le dos de sa main, Sugawara la récupéra, puis l’envoya à Kageyama. Malheureusement, ce dernier restait debout à regarder dans le vide, laissant passer devant lui l’objet sans le remarquer. La balle alla s’écraser contre le filet, dans le silence qui s’était installé. Il se passa un petit moment avant que Sawamura réagisse en hurlant sur le passeur.

– Sois un peu plus concentré ! C’est pas parce qu’on est en entraînement que tu dois te reposer !

– Ah ! répondit le brun en sursautant. Oui, pardon capitaine !

Kageyama se dépêcha de récupérer le ballon, tandis que Shôyo le fixait avec inquiétude. Cela ne lui ressemblait pas ! Qu’est-ce qui lui arrivait ? Il fut sorti de ses pensées par la balle, qui revenait vers lui. Un peu sans réfléchir, il sauta pour l’envoyer dans le camp adverse, où Bokuto la réceptionna juste à temps. Alors qu’elle passait par chacun des membres de l’équipe d’entraînement adverse, les yeux de Shôyo et Kageyama se croisèrent. Le roux pouvait remarquer que son coéquipier était vraiment troublé. Avec une erreur pareille ce n’était pas étonnant ! Il savait qu’il aurait aussi été dans cet état s’il avait fait une erreur de ce genre, même pendant un entraînement. Il reporta son attention sur le match alors que la balle revenait dans leur camps. Sawamura la réceptionna, puis l’envoya à Sugawara, qui allait faire une passe lorsque, brusquement, Kageyama demanda :

– Attendez ! On peut faire une pause ?

Tout le monde le fixa. Puis, les yeux se tournèrent vers Sawamura, qui décréta avec les sourcils froncés :

– D’accord. Mais tu as intérêt à être opérationnel après !

Kageyama acquiesça. Puis, il s’approcha de Shôyo, l’air nerveux. Ce dernier se posa encore plus de questions sur l’état du brun : Pourquoi il réagissait comme ça ? Qu’est-ce qui lui arrivait ? Il s’inquiétait de quelque chose ? Il voulait s’excuser d’avoir raté la balle ? Il était troublé parce qu’il avait revu Oïkawa et réalisé qu’il l’aimait ? Cette dernière supposition mit le roux en rogne, jusqu’à ce que Kageyama lui demande de le suivre dehors. Surpris, il obéit. L’espoir qu’il se confesse à lui monta en voyant le passeur regarder tout autour d’un air nerveux, alors qu’ils sortaient du gymnase. Le duo s’installa dans les fourrés situés non-loin du gymnase, tout deux visiblement nerveux.

Kageyama resta silencieux un certain temps, laissant Shôyo espérer tout au fond de lui que ses sentiments soient partagés. Finalement, il lâcha :

– Hinata…

– Oui ?

Le roux sursauta de peur quand le brun le prit par les épaules. Puis, ce dernier lâcha d’une voix forte et tremblante :

– Je t’aime !

Alors que Shôyo se calmait, et avant qu’il ait pu lui dire qu’il ressentait la même chose, un “Oui” de joie se fit entendre près de la porte du gymnase. Tous deux se tournèrent dans cette direction, pour s’apercevoir qu’ils étaient espionnés par ceux avec qui ils s’entrainaient un peu plus tôt. Celui qui avait lâché ce cri était Sugawara, qui prit l’air gêné en se rendant compte qu’il les avait interrompu. Il s’excusa, tandis que le capitaine de Karasuno lui reprocha :

– Tu pouvais pas te retenir ?

– Mais je suis tellement content qu’il ait réussi à se déclarer, justifia le second passeur avec un rire nerveux.

– Faut dire, moi j’aurais parié qu’il n’y arriverait pas, fit Tsukiyama avec un sourire sarcastique.

Derrière, Yamaguchi eut un rire moqueur. S’énervant, Kageyama hurla dans leur direction :

– ça va ! C’était déjà assez dur, pas besoin d’en rajouter !

Trop content, et songeant qu’il aurait sans doute peu d’autres occasions de lui répondre en étant seuls à seuls, Shôyo se dépêcha d’avouer :

– Je t’aime… Moi aussi.

Brusquement embarrassé, il put sentir une grande chaleur émaner de son visage, tandis que le passeur se tournait vers lui avec de grands yeux surpris.