Pas si simple – Chapitre 3

19 septembre 2018 0 Par Naoko Evasion

Chapitre 3  Le rendez-vous

 

Le week-end se passa tranquillement. Ce fut l’heure de rentrer, puis celle de reprendre les cours. Avec les cours, l’entraînement individuel reprenait.

Le coach Ukai en profita pour leur faire un discours inspiré, leur rappelant que ce n’était pas parce qu’ils avaient gagné 3 matchs sur 4 qu’il leur fallait baisser leur garde.Bien sûr il n’avait pas réellement besoin de le rappeler puisque tout l’équipe brûlait d’envie de s’améliorer afin de pouvoir enfin vaincre Aoba Josai au tournoi départemental. Même Shôyo et Kageyama, qui s’étaient mis en couple durant le week-end, n’avaient que cet objectif en tête.

Enfin… Presque. Le roux était soucieux car lui et son petit-ami ne s’étaient pas encore embrassés. Or, selon ses camarades de classes, ils ne pouvaient être considérés comme étant en couple qu’en ayant passé cette étape. Autrement, selon eux, ils restaient de simple amis. L’attaquant ne savait pas si c’était vrai mais malgré tout il souhaitait vraiment arriver à cette étape rapidement. Pourtant, le roux n’osa pas en parler à Kageyama, devinant qu’il risquait de lui reprocher de ne pas se concentrer sur la victoire.

Il garda ainsi cette inquiétude en lui jusqu’à la fin de l’entraînement, alors qu’ils rentraient ensemble. Ils marchaient en silence, l’un à côté de l’autre, n’osant pas se tenir par la main afin de ne pas attirer l’attention sur eux. Au bout d’un moment, Shôyo jeta un oeil au brun, hésitant à lui demander de l’embrasser. Cela ne se faisait peut-être pas ? Mais en même temps ils étaient un couple, donc ce serait normal de s’embrasser.

Alors qu’il se torturait l’esprit avec la question du baiser, Kageyama arrêta de marcher. Surpris, le roux l’imita. C’est à ce moment qu’il se rendit compte qu’ils étaient dans une zone totalement déserte. L’idée lui vint qu’ils pourraient en profiter pour, au moins, se tenir la main. Mais, avant qu’il ait pu s’exécuter, le passeur prit une grande inspiration, se tourna vers lui, puis le plaqua contre un mur. Sursautant, Shôyo le fixa droit dans les yeux. Avant qu’il ait pu poser la moindre question, son petit-ami l’embrassa soudainement.

Heureux de ce geste, il enlaça le cou de Kageyama durant le baiser, puis caressa ses cheveux du bout des doigts. Il restèrent ainsi plusieurs minutes, se séparèrent puis se réembrasssèrent de nombreuses fois, leurs langues se titillant en quête d’approfondissement.

Leur baiser prit fin au moment où des voix se firent entendre non-loin. Paniquant à l’idée d’être vus, ils se lâchèrent puis reprirent rapidement leur route. Shôyo sourit, vraiment content d’avoir enfin eu son premier baiser avec le garçon qu’il aimait. Comme ils étaient encore tout à fait seuls, ils se prirent par la main. Voyant que son Kageyama rougissait, l’attaquant sourit de toutes ses dents et marcha gaiement.

 

Après leur premier baiser, le samedi suivant ils eurent leur premier rendez-vous. Ils allaient voir un film au cinéma sur l’histoire vraie d’une gamine pauvre qui est devenue une star du Volley-ball (nda : ce film n’existe pas, ou alors je ne suis pas au courant). Pour être sûr d’avoir une place ils avaient tous deux achetés, ensemble, leur billet sur le site du cinéma pour la séance de 10h.

La nuit précédent le rendez-vous, Shôyo n’avait pas pu dormir, trop inquiet de comment allait se dérouler cette journée avec Kageyama. En tout il avait passé sa nuit à décider comment il allait s’habiller, voir s’il devait ou pas mettre du parfum, hésiter à prendre un ballon de Volley pour finalement décider que oui, et imaginer comment pourrait se passer ce rendez-vous. Pour cette raison, il partit 3h avant, tentant de ne pas réveiller sa soeur Natsu ainsi que ses parents en ouvrant et refermant la porte d’entrée. Puis, il dormit un peu dans le train qui l’amenait, ce qui fit qu’il fut un peu plus en forme lorsqu’il arriva 2h avant l’heure devant le cinéma, où ils avaient prévus de se retrouver.

Alors qu’il y était presque, il se figea : Kageyama attendait déjà devant, baillant à s’en décrocher la mâchoire. Qu’est-ce qu’il faisait là ? Shôyo se demanda si, par hasard, lui aussi aurait eu une insomnie et aurait décidé de partir tôt pour être sûr d’être à l’heure. Il s’approcha de son petit-ami, alors que ce dernier avait fermé les yeux. Il resta là à l’observer un petit moment, ne sachant s’il devait le réveiller. Il sourit en repensant à leur premier baiser, puis à ceux qui avaient suivis par la suite sans que personne ne les regarde, dans des coins déserts entre 2 cours. Alors qu’il songeait à utiliser la méthode du baiser comme dans La belle au bois dormant, Kageyama rouvrit les yeux. Devant l’air surpris de son petit-ami, Shôyo lança :

– Finalement on est tous les deux en avance ! Il reste 2h avant que la séance commence.

Le brun acquiesça à son affirmation.

– Du coup on a du temps, qu’est-ce que tu veux faire Hinata ?

– Hum… Où tu veux aller ?

Brusquement, un gargouillis se fit entendre. Sachant que cela venait de lui, Shôyo se sentit gêné. Surprenamment, le passeur sourit un court instant, puis proposa en désignant une crêperie :

– On en prend une ?

– Mais ça ne va pas faire trop pour toi avec ton petit déjeuner ? fit l’attaquant, surpris.

Kageyama rougit en détournant la tête, expliquant :

– Moi non plus… Je n’ai pas mangé.

Étendant un grand sourire, et sautant, le roux se dépêcha d’accepter. Ils allèrent donc acheter les crêpes, puis s’installèrent sur un banc non loin du cinéma en attendant 10h. Tout en mangeant, ils constatèrent qu’il n’y avait pas beaucoup de monde autour d’eux. Il y avait seulement des groupes d’amis, et quelques hommes en cravates qui couraient pour ne pas être en retard à leur travail. Un petit groupes de jeunes gens étaient en train d’entrer dans le cinéma, lorsque Kageyama fit la remarque :

– Tu as amené ton ballon apparemment.

– Ah ! sursauta Shôyo. Oui ! Je pensais que ça serait utile si on décidait de jouer à se faire des passes.

Alors qu’il lui expliquait sa raison, son interlocuteur croqua dans sa crêpe. Un peu de chantilly resta collé sur le bord de sa bouche, qu’il débarrassa avec un coup de langue. Devant cette scène, le jeune attaquant détourna le regard en sentant une bouffée de chaleur monter en lui. “Trop sexy !!!” songea-t-il alors qu’il tentait de se calmer. Puis, trop gêné, il tenta de n’en rien laisser paraître en l’imitant.

Ils finirent rapidement de manger leurs crêpes. Puis, ils passèrent le temps restant à discuter de Volley, du tournoi départemental qui allait arriver quelques jours plus tard, et des techniques qu’il allait leur falloir perfectionner.

Enfin, à 10h précise, ils entrèrent dans le cinéma, puis dans la salle qui allait diffuser le film.

La salle était presque vide : quand le couple entra il n’y avait que 4 personnes qui y étaient déjà, réparties dans toute la salle. Après qu’ils se soient assis d’autres arrivèrent, ce qui fit un total de 10 personnes au moment où la séance débuta. Shôyo ne comprenait pas vraiment pourquoi ils étaient si peu, pensant que mettre l’histoire de cette jeune fille en film était une bonne idée. Selon lui, il n’y avait rien de plus intéressant que le Volley. Peut-être ce film n’était pas bon ? Pourtant, selon ses camarades de classe, il était au contraire très émouvant.

Alors que la salle devint noire, ne laissant que la lumière de l’écran et du projecteur, le brun profita de la pénombre pour lui prendre la main. En réponse, avec un sourire, le roux posa la tête sur son épaule, qu’il retira bien vite avant que les autres spectateurs ne remarquent cette marque d’affection. Le film commença sans qu’ils ne se lâchent la main, profitant qu’on ne pouvait pas bien les voir. Shôyo sentait son coeur battre à toute allure.

Le film débuta sur une petite-fille qui traînait avec des amis près d’un terrain de Volley-ball que des athlètes étaient en train d’utiliser. Curieuse, et ne savant pas quoi faire avec ses amis, elle entra avec eux et regarda les Volleyeurs jouer. En voyant un en train de sauter, elle ne put quitter la performance de cet athlète des yeux, qui envoya le ballon droit vers le camp adverse. Alors qu’ils finissaient leur match, elle ignora la proposition de ses amis de partir, préférant approcher l’attaquant qui l’avait impressionnée. Elle eut ensuite une conversation avec lui qui se termina par une promesse qu’ils se reverraient si elle allait en mondiale avec son équipe. Puis, il y eut une ellipse où on retrouva la petite-fille, devenue adolescente, vaincre tous les jeunes de son âge au Volley en compagnie d’une amie. Puis, plus tard, on la retrouva à un entretien pour entrer dans une équipe de Volley, qu’elle réussit. On suivit alors sa vie avec sa nouvelle équipe, comment elle s’adapta à jouer à 9 joueurs, les relations qu’elle avait eu avec chacun des membres, et les matchs qu’elles avaient joués jusqu’à l’accident de l’héroïne lors de la finale avant d’aller en mondiale. Ce jour-là, elle se cassa le poignet et dû rester sur le banc tout le reste de la partie. Elle s’y découvrit un don pour la stratégie, et monta son équipe en mondiale grâce à ses conseils. Là-bas, elle dû passer plusieurs matchs sur le banc le temps de finir de se soigner mais fut totalement guérie pour la finale, qu’elle gagna avec son équipe. Ainsi devenue star mondiale, elle se dirigea vers son idole, qui avait mené son équipe à la victoire en tant que Coach. Ils eurent une nouvelle conversation où elle lui expliqua que cela la tentait bien de devenir coach. Il rit et l’encouragea. Le film se termina sur une image de l’héroïne en train d’entraîner une équipe de Volley-ball.

En sortant du cinéma, Shôyo clama :

– C’était vachement génial ! Je comprends pourquoi mes amis m’ont dis qu’il était très émouvant !

Kageyama acquiesça. Il y avait beaucoup plus de monde dans la rue que quand ils attendaient leur séance. Comme il était déjà midi, le passeur fit un signe à l’attaquant pour lui indiquer un restaurant où il avait prévu de le faire manger. Il le suivit là-bas et s’installèrent à une table. Il y avait beaucoup de gens déjà installés et une bonne partie en train de manger. Tous parlaient. On pouvaient voir quelques enfants également jouer avec leur nourriture, puis se faire gronder par leurs parents ; se chamailler ; ou écouter leurs parents avec des yeux ronds. Le serveur prit leurs commandes, puis les laissèrent. Avec ceci, ils recommencèrent à parler du film.

– En fait je me suis super identifiée à cette fille, fit Shôyo. Je ne viens pas d’un milieu pauvre mais moi aussi j’ai eu envie de faire du Volley en voyant un attaquant sauter et moi aussi je veux être une grande star du Volley !

– Tu comptes finir coach aussi ?

Le roux se figea un moment, ne s’attendant pas à cette question. Mais il se reprit vite pour répondre.

– Non, là par contre je veux vraiment jouer.

– Moi mon personnage préféré ce serait plutôt son amie passeuse. Elle a une bonne façon de passer le ballon !

– Ah oui ! C’était un personnage génial.

Ils continuèrent plusieurs minutes et n’arrêtèrent pas quand le serveur revint avec leur commande, se mettant même à parler en mangeant.

– C’était pas trop génial leur combinaison à la la finale nationale ? évoqua Kageyama.

– Totalement ! Faudrait voir pour le re…

Shôyo s’interrompit, voyant son petit-ami tendre la main vers le coin de sa bouche et le caresser tendrement. Il sentait une chaleur se répandre dans sa tête durant ce geste, et l’excitation monter en lui. Mais ils étaient en public ! Qu’est-ce qui lui prenait ? Puis, le passeur arrêta son geste en expliquant :

– Tu avais un morceau d’oeuf, je te l’ai retiré.

– Ah…

Il était encore sous le choc. Le brun recommença tranquillement à manger sans rien paraître mais le roux n’avait plus la tête à ça. Il en voulait plus ! Mais ils étaient en public. Peut-être aux toilettes ? Mais ce ne serait pas étrange aux yeux des autres clients et des serveurs que deux garçons aillent aux toilettes en même temps ? Et de toute manière serait-il d’accord ? Finalement, il se retrouva à finir péniblement son repas tout en tentant de se calmer. Tentative qui finit par réussir après qu’il ait commandé une glace en guise de dessert.

 

Après s’être partagés l’addition, alors qu’ils sortaient, Kageyama l’arrêta brusquement d’un bras. Se demandant ce qu’il pouvait se passer, Shôyo fut choqué de voir Oikawa et Iwaizumi face à eux, de l’autre côté des portes du restaurant. Son petit-ami était sur la défensive, semblant avoir peur de quelque chose qu’il ne comprenait pas. Tout le monde autour d’eux les ignora, ne remarquant pas ce qu’il se passait. Seul un serveur les regardait, l’air surpris, ne sachant pas s’il devait attendre qu’ils entrent ou s’occuper d’autre chose. Le capitaine d’Aoba Josai arborait un sourire narquois, balançant :

– Et beh ! Donc c’est vrai ce que j’ai entendu ?

– De qui ? grogna Kageyama.

– Oh ! Je ne dévoile jamais mes sources.

Puis, il se pencha vers son ancien cadet et lui murmura quelque chose à l’oreille que ceux tout autour ne purent pas entendre. Mais Hinata, méfiant et jaloux de cette proximité, se rapprocha et put entendre ce qu’il lui disait.

– Quand tu me demandais hier ce que je pensais de l’homosexualité… Et bien maintenant je peux te le dire… J’en pense qu’Iwa-chan et moi on est un couple et donc je n’ai absolument rien contre ça.

En réponse, son interlocuteur écarquilla les yeux. Shôyo, lui-même était plutôt surpris par cette nouvelle, et soulagé puisque cela voulait dire qu’il ne voulait pas lui prendre son petit-ami. Étrangement, avant de se relever, Oikawa lui fit un clin d’oeil. Apparemment il avait repéré qu’il les écoutait. Kageyama leur assura, ne sachant visiblement pas trop quoi en penser :

– Je suis plutôt content pour vous deux, même si je ne m’y attendais pas.

– Et oui ! confirma-t-il d’un ton fanfaron. Et on fait un meilleur couple que vous deux !

Comme il avait parlé plutôt fort, tout le restaurant entendit et se retourna vers eux, choqués. Un serveur fit tomber son plateau sous le choc, qu’il se dépêcha de ramasser. La plupart des enfants continuèrent à manger, ne comprenant pas la réaction des adultes. Visiblement profondément embarrassé, tout comme Shôyo et probablement Kageyama, Iwaizumi frappa son capitaine avant d’hurler à très haute voix :

– Franchement Oikawa ! Ne plaisante pas sur ce genre de chose, c’est dégoûtant et tu attires l’attention sur nous.

– Eheh ! s’excusa-t-il beaucoup plus bas. Pardon Iwa-chan, j’avais oublié qu’on était en public.

Puis, il se pencha vers lui, lui disant quelque chose à l’oreille qui le fit rougir. Shôyo commençai à relever le fait que le capitaine d’Aoba Josai appelait constamment son petit-ami par un surnom. Cela ne montrait-il pas à quel point ils étaient proches ? Donc ils devraient faire pareil pour se rapprocher ? Autour les clients et employés se détournèrent d’eux, persuadés que c’était réellement une plaisanterie. Une seule personne était en train de leur lancer un regard méchant, ayant apparemment décelé le mensonge dans le démenti d’Iwaizumit. Gênés, les deux couples décidèrent de se séparer non sans qu’Oikawa ne lance un :

– Allons-y Iwa-chan, mon chéri !

Heureusement, ceci aussi fut prit pour une plaisanterie par les personnes dans le restaurant. Kageyama et Shôyo se dépêchèrent de sortir. Ce dernier suivit son petit-ami à l’endroit où il avait prévu qu’ils iraient dans l’après-midi. L’attaquant n’était au courant que pour le cinéma du matin.

Il y avait de plus en plus de personnes alors qu’ils parcouraient les trottoirs, traversaient les routes et allaient sur d’autres trottoirs. Shôyo fixait son petit-ami en tentant de rester à sa hauteur. Ce dernier semblait concentré sur son objectif sans remarquer la difficulté qu’avait le roux de tenir le rythme de ses pas. Finalement, alors qu’ils traversaient un parc, l’attaquant s’arrêta en entendant des bruits étranges, qui éveillaient un lui un certain sentiment. Le sentant sans doute, Kageyama s’arrêta également et se tourna vers lui, l’air surpris.

– Est-ce qu’on va là-bas ?

En réponse, le passeur acquiesça. Un sentiment de joie s’éveilla en Shôyo, qui courut vers la fête foraine avec un cri de joie et en sautillant. Kageyama le poursuivit en hurlant :

– Eh oh ! Mais attends moi idiot !

Ce que l’attaquant ignora, trop content de passer un moment dans ce genre d’endroit avec son petit-ami.

Le couple se réunit devant un stand de tir à la carabine, où le roux était en train d’essayer de viser la cible. Il sourit au brun qui arrivait derrière lui, content d’être là avec lui. Puis, il tira. Il rata sa cible, mais sortit avec une tête de chat en porte-clé en compensation. Alors qu’il songeait à l’offrir à Kenma, Kageyama lui fit signe de venir faire de l’auto-tamponneuse. Ravis, Shôyo se précipita pour y aller et prit la première qu’il vit. Le passeur en prit une autre, puis ils s’affrontèrent à “qui-en-frappera-le-plus”. Ce fut le roux qui gagna grâce à sa détermination. Il se réjouit, puis accompagna le brun vers la prochaine attraction. Il était très excité alors qu’ils entraient dans le labyrinthe dans lequel ils se perdirent un long moment avant de trouver la sortie. Shôyo en ressortit en extase : ils avaient profités d’être seuls pour s’arrêter un moment et s’embrasser.

Ils se retrouvèrent finalement près d’une machine à pince, où le roux tenta d’attraper une peluche de ballon de Volley. Malheureusement, ce dernier fut rapidement déstabilisé en sentant le brun derrière lui, en train d’observer comment il se débrouillait. En un sens il avait la pression, comme si ne pas arriver à attraper cette peluche signifiait qu’il était nul. Alors qu’il échouait une troisième fois à récupérer l’objet, Kageyama décida :

– Laisse-moi essayer.

Shôyo obéit et regarda le passeur jouer à son tour. Il posa ses doigts sur les boutons de direction, se préparant à faire son essai. Autour d’eux, le bruit semblait plus flou puis sembla tomber dans le silence, comme si tout le monde retenait sa respiration pour l’encourager. Il prit une grande inspiration, puis commença. Les pinces descendirent vers la peluche, l’attrapèrent, la remontèrent puis, alors qu’il allait les mener doucement vers la sortie, le ballon s’échappa en même temps que le bruit reprit. Cela énerva le joueur, dont l’expression fit peur à son petit-ami.

– Hinata…

Le susnommé sursauta de frayeur.

– Oui ?

– On va lui montrer à ne pas sous-estimer notre duo.

Ils échangèrent un regard. Puis, souriants, mirent en place une stratégie pour gagner cette peluche. Alors qu’ils mettaient en place la stratégie, il leur semblait que tout autour d’eux redevenait silencieux et les soutenait dans leur combat. La machine apprit enfin sa leçon dès le cinquième essai. Heureux, le couple sauta de joie en criant des “Yoshaaaaaa”.

Epuisé par le combat contre la machine, ils décidèrent de rentrer.

 

Kageyama raccompagna Shôyo, ce dont ce dernier ne souhaita pas se plaindre, trop content de rester encore un moment avec lui. Alors qu’ils marchaient côte à côte et étaient presque arrivés, il se rappela de leur rencontre avec Oikawa et Iwaizumi et des interrogations qui lui étaient venus. Malgré tout un peu hésitant, il finit par lâcher :

– C’est pas bizarre qu’on s’appelle encore comme avant ?

Visiblement surpris, le passeur s’arrêta et se tourna vers lui.

– Pourquoi ça serait bizarre ?

– Oikawa il appelle son petit-ami par un surnom.

Il eut la drôle d’impression de faire un caprice. Heureusement Kageyama n’eut pas l’air de s’en soucier. A la place, il rougit, détourna le regard, puis demanda :

– Comment tu veux que je t’appelle ?

Shôyo se figea. Comment ? Tout ce à quoi il pouvait penser était peut-être un peu trop voyant compte tenu du fait qu’ils devaient se cacher : “mon chéri d’amour”, “mon Shôyo-chou”, “mamour”, etc. De plus, c’était des surnoms qu’aucun des deux n’aimerait avoir. Il se creusa les méninges pour trouver autre chose mais n’y arriva pas. Comment ils pouvaient s’appeler ? Finalement, Kageyama lui apporta la réponse avec un nerveux :

– Et si on se contentait de s’appeler par nos prénoms ?

– D’accord ! sourit-il. C’est une excellente idée !

Ils reprirent leur marche, ayant réglé le problème de nom. Shôyo sautillait, très content d’avoir évoqué le sujet.

Très vite, ils arrivèrent devant chez les Hinata. Mais, avant d’entrer, l’attaquant fit signe au passeur de s’approcher. Il l’enlaça tendrement, vraiment content qu’il existe. En plus d’avoir découvert l’amour partagé auprès de lui, il ne savait pas ce qu’il aurait pu advenir de lui dans l’équipe si ce garçon n’était pas né et n’avait pas intégré le lycée Karasuno. Peut-être aurait-il été tout aussi bon d’une autre manière. Ou peut-être qu’il serait toujours resté sur le banc, à regarder les autres jouer sans pouvoir participer. Oui. Il était vraiment heureux de l’aide que lui avait apporté Kageyama.

Relevant la tête, il vérifia qu’ils étaient seuls, puis demanda un baiser qui lui fut accordé. Avant de se séparer, Shôyo lui fit promettre :

– On sera toujours ensemble hein ?

– Oui, sourit le passeur. Toujours. Au volley comme dans la vie.

Ils s’embrassèrent une nouvelle fois, puis se séparèrent.